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8 - LA SECONDE GUERRE MONDIALE (2)

LES TRAVAILLEURS FORCES DE NOVEMBRE 1944


Le 8 novembre 1944, les 265 raonnais sont déportés en Allemagne dans les usines de la région de Heidelberg, de la vallée du Rhin et de celle du Neckar. A l’automne de cette année, le coup d’arrêt donné par les troupes allemandes à leur retraite au niveau du massif vosgien, correspond à une intention d’enliser les armées alliées. L’objectif est de créer une ligne de fortifications sur la crête des Vosges en vue d’appuyer la résistance des troupes allemandes et de stabiliser le front au pied du massif. Cette ligne fortifiée, dénommée «schutzwall-west» est édifiée approximativement sur l’ancienne frontière franco-allemande de 1870-1918. En septembre 1944, 30000 hitlerjugend (jeunesse hitlériennes) d’Alsace et de Bade sont affectées sur place pour effectuer les premiers travaux de fortification. La population locale est rapidement obligée de participer à ces travaux. En même temps arrivent de l’Est de la France, de nombreux éléments de la Gestapo, retirés de leurs secteurs pour être placés le long de cette ligne fortifiée. Alors est entreprit une action de grande envergure désignée «waldfest» au cours des mois de septembre, octobre et novembre 1944, pour lutter contre les foyers de résistance dont le maquis de Viombois attaqué en septembre 1944».



TÉMOIGNAGE DE MONSIEUR FREARD Robert

« Les allemands pénètrent dans les maisons pour rassembler les hommes. Ils menacent de fusiller les récalcitrants ainsi que leurs familles s’ils ne se rendent pas au lieu de rassemblement fixé au carrefour de la route du Donon. Certains hommes qui n’habitent pas le centre ville échappent à la rafle. Plus tard, beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’armée de libération. Au total, 265 hommes âgés de 17 à 46 ans sont amenés en camion jusqu’à Celles-sur-Plaine. Nous croyons encore qu’il s’agit d’une nouvelle réquisition pour les travaux en Alsace et Lorraine. Le lendemain, nous allons à pied jusque Badonviller, le surlendemain à Cirey-sur-Vezouze toujours à pied et le jour suivant dans les mêmes conditions, jusque Héming en Moselle. Nous avons découvert le train qui chauffe en gare en nous attendant. C’est alors que nous comprenons… Notre voyage de nuit en train, nous fait découvrir des noms de gares allemandes. Je me souviens de Kaiserslautern. Au petit jour, nous nous retrouvons sur le pont du Rhin reliant Ludwigshafen à Mannheim. Après un arrêt très long paraît-il par des bombardements, le train repare pour rejoindre Heidelberg. Débarqués en gare, nous empruntons la Hauptstrasse (rue principale) pour aller à l’ancienne université non loin de Neckar. Les passants allemands sur le trottoir, prononcent souvent le mot de «terroristes». Nous avons mauvaise mine, pas rasés, pas lavés, en vêtements usagés avec pour la plupart, des bottes en caoutchouc. Au bout de quelques jours, notre moral est au plus bas. Nous sommes interrogés et dispersés en fonction de nos métiers respectifs. Les raonnais accompagnés d’autres déportés de Moyenmoutier, Baccarat, Pexonne… sont placés chez des artisans, commerçants o agriculteurs. Mais la majorité travaille dans des usines pour la production industrielle ou la fabrication de matériel de guerre. Pour ma part, je travaille chez Grau Bremsenfabrik, une usine qui fabrique des éléments pour les chemins de fer et des dispositifs pour les freins de wagons. Toute la journée j’usine des cylindres métalliques sur un tour. Je suis membre d’un groupe de neuf personnes. Nous quittons l’ancienne université pour vivre dans la maison de madame KRONE, dans un petit hameau du nom de Pleikartsförster-hof. En usine, nous travaillons en alternance de jour et de nuit pendant douze heures, cinq jours par semaine. Nous avons droit à une pause repas d’une demi-heure par tranche de douze heures de travail. Nous touchons un petit salaire avec lequel nous achetons l’indispensable : aliments, vêtements. Nous percevons aussi des cartes d’alimentation et nous nous débrouillons pour chercher les vivres. Nous battons la campagne environnante, passant d’une ferme à un restaurant, d’une boulangerie à un magasin. Très souvent, les commerçants allemands améliorent notre ordinaire en augmentant les quantités prescrites sur nos tickets. Nous mangeons des soupes et des salades de pommes de terre dans de petites tavernes, du pain et de la charcuterie chez les agriculteurs. Au niveau des vêtements, c’est terrible. Je suis parti avec une chemise, un pull-over, un vieux manteau, une paire de chaussettes et des bottes. Ces dernières, trouées par la longue marche de novembre, prennent l’eau et je suis trempé en permanence. J’ai coupé les manches de ma chemise pour faire des chaussettes. Puis les allemands nous donne des chaussures à semelles de bois pour travailler. Douze heures par jour là-dedans : j’ai les pieds brûlants. C’est un supplice. Au bout de quelques jours, nous touchons un bleu de travail qu’il faut payer vingt marks. Mais les prisonniers aux côtés desquels nous travaillons nous regardent d’un mauvais œil pensant que nous sommes des volontaires. Il faut les convaincre à l’aide de tracts américains ramassés en France que nous partageons le même sort. A partir de là, ils nous aident. Nous avons vécu dans ces conditions pendant cinq mois. Les américains sont arrivés le 29 mars 1945. Puis nous passons quinze jours difficiles dans une caserne allemande. Nous avons faim. Nous sommes heureux de voir arriver les alliés que nous accueillons avec des drapeaux blancs mais ils ne nous traitent pas bien. Puis la quasi-totalité des 265 déportés est rapatriés par Cologne pour retrouver la porte des Vosges mi-avril 1945».

398e REGIMENT D'INFANTERIE, 100e DIVISION
18 janvier 1945

Le 17 novembre 1944, le 339ème régiment d'infanterie américain intégré à la Century Division, libère la ville et poursuit sa progression vers l'Est. 398ème d'infanterie, 100Th Division à Raon l'Étape Area, novembre 1944.



Baptême du feu est une expérience que peu de soldats oublient. Les hommes du 398e égiment d'infanterie de la 100e (Century) Division ont donc une raison particulière de ne jamais oublier car ils entrèrent en action pour la première fois dans l'un des secteurs les plus difficiles de la sixième armée dans le groupe Est de la France. L'ennemi occupe des postes préparés dans les forêts denses. Leurs pirogues sont profondes, recouvertes de journaux, bien camouflées. Leur artillerie est placée sur les hauteurs montagneuses qui s'élevent au-dessus du niveau de la forêt. Pièges à chars et les mines terrestres de ces derniers, ingénieusement équipés de fils de voyage, bloquent les routes étroites puis les chemins à travers la forêt. Des conditions météorologiques comprennent la pluie, la neige et la boue jusqu'aux chevilles. Le 398e procède sans délai pour aider à prendre Baccarat, traverser avec rapidité la rivière Meurthe et de pousser  les nazis en arrière vers le Rhin. Dans le secteur de la ville stratégique de Raon L 'Etape préparée de défenses nazis,  il prend les hauteurs qui entourent la ville puis ouvre et jouit d’un tronçon de terrain à l'est en direction du Rhin.

Pour la première fois dans l'histoire depuis le 1er siècle avant JC, les Romains, les Huns, les Burgondes, les Suédois, les Autrichiens, Bavarois, les Allemands et même les forces françaises ont essayé mais échoué, dans le processus de pénétrer dans le massif des Vosges, le 398e a pratiquement détruit  les allemands de la 708e Volks-Grenadier Division d'assaut dans la fin de l'automne de 1944. Face à la constante pluie presque neige, glace et boue, les États-Unis Septième Armée ont fait ce qu'aucune autre armée n'a jamais égalé auparavant. Pour son succès en déchirant les Allemands hors de leurs tranchées sur les hauteurs surplombant Raon L'Etape, le 1er Bataillon du 399e régiment d'infanterie a été octroyé à la division de la première Presidential Unit Citation, l'équivalent collective du Service Croix du service distingué pour sa bravoure individuelle.














Éloge de la division de l'effort dans son ensemble est venu dans une lettre du général Brooks :
«La 100ème Division d'infanterie a apporté une contribution marquée à la réussite de l'attaque Corps VI, d'abord, par la prise de Raon-l 'Etape, une opération qui a violé la charnière de la position défensive allemande et en même temps appelé les forces du centre où l'attaque principale devait se faire et, deuxièmement, par la capture rapide de Schirmeck, qui a bloqué l'ennemi sur la gauche et a permis l'attaque principale de faire passer sans délai. Votre belle division a écrit une page brillante dans l'histoire militaire de nos forces armées.»

La 100e est devenue la première unité américaine à se fissurer la défensive hiver ligne allemande dans la zone proche Raon l 'Etape.

Officiers 92 ND Corps US

LE DON SUISSE

A la suite des destructions subies par l’agglomération Raon l’Étape - La Neuveville, le don Suisse apporte dès fin 1946, une aide aux sinistrés. Deux baraquements sont édifiés sur le quai de la Meurthe Adrian Sadoul (quais de la Victoire)  dans lesquelles s’installent : un atelier pour le travail des métaux, un atelier pour le travail du bois et un ouvroir avec cinq machines à coudre. Des délégués du service international forment les jeunes apprentis. Ces ateliers fonctionnent jusqu’en 1947.


Don Suisse

Témoignage 
«Tous les jeudis, les jeunes apprennent le travail du bois à travers la fabrication de jetons de dames faits dans des manches à balai et teintés à la chicorée pour les noirs». 


L’organisation du don Suisse doit quitter la ville fin 1946 et le service international propose aux deux communes de devenir propriétaires des baraquements et de leurs installations à condition de les réinstaller dans un endroit convenable pour un centre de préapprentissage, avec auberge de jeunesse sous le contrôle de l’U.F.A.G. Les deux communes donnent leur accord. 
LE BAMBOIS



L’auberge de jeunesse doit s’installer au Bambois, dans la forêt communale de LANEUVEVILLE. Mais un an plus tard, le 8 décembre 1947, le conseil municipal de Raon l’Étape, devant la douleur des frais occasionnés : électrification, salaire des pères et mères aubergistes, chauffage, etc… puis remarquant que l’auberge de jeunesse est éloignée des habitations, revient sur son engagement. Celle-ci ne voit alors jamais le jour et ses murs deviennent la proies de la nature.


 Le Bambois
Le Bambois
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